Un événement indésirable est « une complication ou un préjudice non intentionnel, non pas attribuable à la pathologie du patient, mais conséquente à des soins qui lui ont été dispensés » (Groupe pilote pour une version francophone du « Trigger Tool for Measuring Adverse Drug Events », coordination X. de Béthune, A. Staines, Mesures des événements indésirables liés aux médicaments. Manuel d’application, version 1.0, septembre 2009, p. 3.) Le « Trigger Tool », que l’on pourrait traduire par « outil déclencheur », est un système de mesure permettant la détection d’événements indésirables ( Le « Trigger Tool » a été développé par H. Jick, Drugs- remarkably non-toxic. New England Journal of Medicine 1974 ; 291 (16) : 824-828. Par la suite il a été affiné et automatisé par DC. Classen, SL. Pestotnik, RS. Evans, JP. Burke, Computerized surveillance of adverse drug events in hospital patients. Journal of the American Medical Association 1991; 266 (20): 2847-2851.). En effet, il a été constaté que ces derniers ne sont pas systématiquement mentionnés. Par contre, « les mesures prises pour y remédier le sont et les conséquences sur le patient aussi » (A. Staines, X. de Béthune, L’outil déclencheur pour la mesure des événements indésirables médicamenteux de l’ « Institute for Healthcare Improvement » : analyse exploratoire et adaptation au milieu francophone, Risques et qualité 2010 ; 7(3) :146.). Ce sont ces événements que le « Trigger Tool » recherche, au moyen de 21 critères (« Triggers », « répartis en une liste de médicaments, des résultats pathologiques d’analyses de laboratoires et quelques signes cliniques évocateurs d’EIM. », A. Staines, X. de Béthune, L’outil déclencheur pour la mesure des événements indésirables médicamenteux de l’ « Institute for Healthcare Improvement » : analyse exploratoire et adaptation au milieu francophone, Risques et qualité 2010 ; 7(3) :147.) répertoriés dans une liste. Ils sont un outil de détection. Dans un dossier de patient X, l’apparition d’un de ces critères est recherchée. Si tel est le cas, une recherche plus approfondie est effectuée, dans le but de voir s’il y a eu un événement indésirable. Si oui, le cas est référencé. La revue porte sur 20 dossiers par mois, sélectionnés de manière aléatoire, tous anonymes. Le 13 septembre 2010 le projet « Trigger Tool », concernant les événements indésirables liés aux médicaments, a été lancé. Une vingtaine de personnes, faisant partie des « équipes de mesure » de chaque hôpital participant, s’est retrouvée à la FHV, afin d’apprendre à maîtriser le système et pouvoir bénéficier de l’expérience de deux intervenants extérieurs, le docteur Chopard (médecin, Hôpital universitaire de Genève) et Madame Farah (pharmacienne, Ensemble hospitalier de la Côte). Tous deux ayant utilisé l’outil au préalable, pouvaient ainsi répondre aux questions, expliquer concrètement le processus. La journée s’est terminée avec comme objectif que la première revue serait effectuée dans les semaines suivantes. | | Exemple : le « Trigger : vitamine K » apparaît dans un dossier. Une recherche plus approfondie va être faite, afin de déterminer si le traitement, ou la pathologie, du patient nécessitait cette vitamine ou si celle-ci a été administrée suite à un événement indésirable- qui dans ce cas serait une hémorragie due à un surdosage d’anticoagulant, par exemple. Si tel est le cas, la vitamine K est donc utilisée comme « réparateur ». | |