Collectif Prévention des escarres 

Les établissements membres de la Fédération des hôpitaux vaudois ont retenu le thème de la sécurité des patients (gestion du risque clinique) comme un axe prioritaire de collaboration. Un portefeuille de projets a été mis sur pied sur ce thème et, après un projet concernant la prévention des événements indésirables liés aux médicaments, puis un projet d’amélioration de l’hygiène des mains, le thème de la prévention des escarres a été retenu comme sujet prioritaire par la Commission Sécurité des patients le 1er juillet 2015.

L’objectif du collectif est de réduire de 50% la survenue d’escarre nosocomiale au sein des établissements participants, d'ici au 30 septembre 2018, puis maintenir ou diminuer le taux obtenu de façon pérenne.

Portée par le succès des collectifs de travail sur la prévention des événements indésirables liés au médicament, puis sur l’amélioration de l’hygiène des mains, la FHV anime désormais un nouveau collectif, dédié à la

prévention des escarres.

 

Les escarres sont des plaies dues à une pression excessive, touchant particulièrement les patients alités, limités dans leur mobilisation. Affectant la dignité des patients, elles sont source de souffrance et génèrent une prolongation des durées de séjour. Les patients développant une escarre lors de leur séjour dans un établissement de la FHV s’élèvent en moyenne à 6% (selon les résultats 2011 à 2016 de l’enquête de prévalence de l’ANQ).

Or, en appliquant des actions de prévention systématiques, les escarres sont évitables ! Ces constats ont conduit la FHV à mettre une priorité sur la prévention de ce phénomène.

Dépister le risque d’escarre de tout patient à l’admission, améliorer les pratiques cliniques par l’application systématique des bonnes pratiques de prévention pour les patients à risque, former les collaborateurs, responsabiliser les collaborateurs par la mesure et la restitution des résultats, impliquer les patients et les familles, sensibiliser les cadres à leur rôle de leader en promouvant la culture de la sécurité des patients, telle est la stratégie d’amélioration proposée par le collectif pour réduire la survenue des escarres.

Six établissements de la FHV, représentant les trois quarts des effectifs de la FHV, ont décidé de participer au projet. Ils ont pour cela mis à disposition des ressources spécifiques, en constituant notamment une équipe de projet responsable de la mise en oeuvre des outils d’amélioration proposés.

Cette équipe déléguée au projet, composée au minimum d’un expert en plaies et cicatrisation, d’un cadre de soins et d’un soignant, est complétée à l’interne par les compétences de médecin, physiothérapeute, ergothérapeute et diététicien, afin de tenir compte des spécificités de toutes les catégories professionnelles concernées par la prévention des escarres.

Le collectif réunit régulièrement les équipes de projet dans une démarche structurée afin de leur proposer les meilleures pratiques pour l’amélioration de la prévention des escarres et leur permettre de les adapter aux spécificités de leur établissement. Pour cela, le collectif s’appuie sur des intervenants externes, apportant l’expertise des différents thèmes abordés, ainsi que sur le partage d’expérience des établissements participants.

Le projet a débuté en 2015 par le montage du projet et la conception des actions d’amélioration. En 2016, les équipes déléguées ont été formées sur l’organisation du collectif, sur les axes d’amélioration et les outils à déployer, ainsi que sur la stratégie de mesure. Elles ont effectué un état des lieux de leurs pratiques de prévention des escarres, afin de déterminer le chemin à parcourir.

Depuis avril 2017, les établissements déploient les actions d’amélioration proposées par le collectif. Leur objectif est de diminuer de 50% la survenue des escarres acquises dans les établissements moyennant 18 mois d’intervention.

 

 

CONCRÈTEMENT …

… SYSTÉMATIQUEMENT

 Stratégie multimodale

Les professionnels de santé effectuent les bons gestes pour prévenir les escarres : évaluer le risque d’escarre, mobiliser le patient, soigner sa peau, optimiser sa nutrition et son hydratation, offrir le matelas adéquat, gérer son incontinence.

L’important, désormais, est de s’assurer que ces gestes de base soient offerts systématiquement à tout patient à risque d’escarre admis à l’hôpital.

 Evaluer, former, informer, impliquer, encourager, documenter, telles sont les actions nécessaires au changement de culture.

• Evaluer – Offrir les bons soins aux bons patients : pour cela, il est nécessaire de déterminer quels patients sont à risque d’escarre. Une échelle de risque est utilisée pour évaluer les patients dans les 24 heures suivant l’admission.

• Former – Sur la base d’un concept de formation proposé par le collectif, les établissements s’assurent que les collaborateurs aient les connaissances nécessaires sur les escarres, sur l’évaluation du risque d’escarre et sur les actions de prévention à mettre en place pour les patients à risque. Ils peuvent s’appuyer sur un cursus de formation en e-learning mis à disposition sur la plateforme de formation MyTeacher. Ce cursus, conçu par le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), a été aimablement partagé avec la FHV.

• Informer – La transmission des indicateurs de projet aux collaborateurs permet une prise de conscience de la problématique : les escarres n’arrivent pas que chez les autres !

• Impliquer – Le patient est le premier acteur de sa santé. A travers des feuillets d’information et via des modalités d’accompagnement, les patients et leur famille sont invités à participer aux actions de prévention.

• Encourager – Les cadres ont un rôle crucial à jouer dans la prévention des escarres : s’assurer que l’environnement permette les bonnes pratiques, encourager les collaborateurs dans leurs efforts, intégrer les indicateurs de projet dans leur tableau de bord de suivi, bref, s’impliquer dans la problématique même s’ils ne dispensent pas eux-mêmes des soins.

• Documenter – Au-delà de la nécessité clinique, la documentation des escarres, de l’évaluation du risque et des actions de prévention permet une prise de conscience du chemin parcouru.